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Tome premier.
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rait pu s’y soumettre sans manquer à la dignitéde la nation qu’il représentait : toutefois l’em-pereur de Russie , jaloux d’enlever .à l’ennemi lemoindre prétexte d’agression, ne se serait pointrefusé à entrer en négociation sur les bases pro-posées par la France , si l’irruption des troupes deDavoust en Prusse n’était venue ajouter un nou-veau grief à la masse des démêlés subsistants.

Peu de temps après la conclusion du traité,avec la Prusse, l’armée française d’Allemagne pé-nétra effectivement dans ce pays, et s’avança par.sa gauche et par le centre jusqu’à l’Oder , et parsa droite jusqu’à l’Elbe. C’était passer le Rubicon ,et mettre la Russie dans le cas d’avoir recoursà des mesures décisives. L’empereur Alexandrequitta aussitôt Pétersbourg et se rendit à Wilna,où le quartier-général de sa grande armée sçtrouvait établi; en même temps il envoya l’ordreau prince Kourakin, ambassadeur de Russie , àParis, de faire connaître au gouvernement fran-çais que la conservation de la Prusse et son in-dépendance de tout lien politique dirigé contrela Russie , était d’autant plus indispensable pourles intérêts de l’empereur Alexandre, que desrapports solides et stables ne pouvaient être ré-tablis avec la France , qu’autant qu’il y auraitentre elle et la Russie un pays neutre qui ne se-