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le colonel Czernicheff avait été le porteur. Il pa-raît qu’en touchant au dénouement que lui-mêmeavait amené, il ne fut pas exempt de quelqueinquiétude. La grandeur de l’entreprise dans la-quelle il allait s’engager et dont il ne se dissimu-lait pas les difficultés, semblait l’effrayer. Il eutun moment la pensée que l’empereur de Russie ,à la vue des forces prodigieuses qu’il conduisaitcontre lui, chercherait à éviter la guerre en sous-crivant à toutes ses volontés : il s’attacha aveccomplaisance à cette idée qui flattait son orgueil,et lui laissait entrevoir la réalisation de ses pro-jets sans lui faire courir des chances que lui-même estimait être hasardeuses.
La mission de M. de Narbonne devait servirà provoquer la manifestation des dispositionsque Napoléon supposait si gratuitement à l’em-pereur Alexandre. Il fut complètement frustrédans son attente. Le comte de Narbonne avoualui-même qu’il trouva l’empereur Alexandre dansla meilleure attitude, sans abattement et sansjactance. La réponse qu’il rapporta à Dresde , futque l’empereur de Russie s’en référait absolu-ment aux communications que son ambassadeuravait faites à Paris , et que ce n’était qu’en obte-nant ces bases préliminaires qu’il pouvait con-sentir à traiter.