de fermer les barrières, d’arrêter le départ descourriers et des diligences : « Eh, bon dieu !« lui dit le général, pourquoi toutes ces précau-« tions ? nous marchons avec la nation et par« sa seule force ; qu’aucun citoyen ne soit in-« quiété, et que le triomphe de l’opinion n’ait« rien de commun avec ces journées faites par« une minorité factieuse.
Les membres de la majorité des cinq-cents,de la minorité des anciens, et les coryphéesdu manège, passèrent toute la journée et la nuiten conciliabules.
A sept heures du soir, Napoléon tint un con-seil aux Tuileries. Siéyès proposait d’arrêter lesquarante principaux meneurs opposants. Cetavis était sage ; mais Napoléon croyait avoir tropde force, pour employer tant de prudence. « J'ai« juré ce matin, dit-il, de protéger la représen-« tation nationale; je ne veux point ce soir violer«mon serment : je ne crains pas de si'faibles« ennemis. » Tout le monde se rangea au con-seil de Siéyès ; mais rien ne put vaincre cetteobstination ou cette délicatesse du général. Onverra bientôt qu’il eut tort.
C’est dans cette réunion que l’on convint del’établissement de trois consuls provisoires,qui seraient Siéyès, Roger-Ducos et Napo-léon ; de l’ajournement des conseils à trois