DIX-HUIT BRUMAIRE. 83
nistère de la guerre, et ensuite renvoyé parSiéyès : il n’y faisait que des fautes.
C’était un des membres les plus chauds dela société du manège dont les opinions poli-tiques étaient alors fort exaltées et réprouvéespar tous les gens de bien. Joseph l’avait menéle matin chez Napoléon, mais, lorsqu’il vit cedont il s’agissait, il s’esquiva, et alla instruireses amis du manège de ce qui se passait.
Jourdan et Augereau vinrent trouver Napo-léon aux Tuileries, lorsqu’il passait la revue destroupes : il leur conseilla de ne pas retourner àSaint-Cloud à la séance du lendemain, de restertranquilles, de ne pas compromettre les ser-vices qu’ils avaient rendus à la patrie ; car au-cun effort ne pouvait s’opposer au mouvementqui était commencé. Augereau l’assura de sondévouement et du désir qu’il avait de mar-cher sous ses ordres. Il ajouta même : « Eh« quoi ! général, est-ce que vous ne comptez« pas toujours sur votre petit Augereau ? »Cambacérès, ministre de la justice; Fouché ,ministre de la police, et tous les autres minis-tres furent aux Tuileries , et reconnurent lanouvelle autorité. Fouché fit de grandes protes-tations d’attachement et de dévouement ; ex-trêmement opposé à Siéyès , il n’avait pas étédans le secret de la journée. Il avait ordonné
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