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toute la salle. Le moment était pressant. Beau-coup de membres, en prononçant ce serment,y ajoutèrent des développements, et l’influencede tels discours pouvaient se faire sentir surles troupes. Tous les esprits étaient en sus-pens : les zélés devenaient neutres ; les timidesavaient déjà changé de bannière. Il n’y avaitpas un instant à perdre. Napoléon traversa lesalon de Mars, entra au conseil des anciens ,et se plaça vis-à-vis le président. (C’était labarre.)
« Vous êtes sur un volcan, leur dit-il : la ré-« publique n’a plus de gouvernement; le di-« rectoire est dissous ; les factions s’agitent ;« l’heure de prendre un parti est arrivée. Vous« avez appelé mon bras et celui de mes com-« pagnons d’armes au secours de votre sa-« gesse : mais les instants sont précieux; il faut« se prononcer. Je sais que l’on parle de César*« de Cromwell, comme si l’époque actuelle« pouvait se comparer aux temps passés. Non,« je ne veux que le salut de la république, et« appuyer les décisions que vous allez pren-
« dre. Et vous, grenadiers, dont j’aperçois
« les bonnets aux portes de cette salle, dites-« le : vous ai-je jamais trompés? Ai-je jamais« trahi mes promesses, lorsque, dans les camps,« au milieu des privations, je vous promet-