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Tome premier. [1/1.]
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1 l6 MEMOIRES DE NAPOLÉON .

Les anarchistes, frappés à leur tour de terreur,se dispersèrent. C’était tout ce qu’on voulait,et peu de temps après le décret de déportationfut converti en une simple mesure de surveil-lance qui cessa bientôt elle-même.

Le public s’attribua le rapport de ce décret.On crut que l’administration avait rétrogradé :on eut tort, elle n’avait voulu qu’épouvanter;elle avait atteint son but.

Bientôt l’esprit public changea dans toute laFrance . Les citoyens s’étaient réunis, les actesd’adhésion des départements arrivaient en foule,et les malveillants de quelque parti qu’ils fus-sent, cessaient d’être dangereux. La loi desotages, qui avait jeté un grand nombre decitoyens dans les prisons fut rapportée (i). Deslois intolérantes avaient été rendues contre

(i) La loi des ôtages avait été rendue le 12 juillet 1799 :elle avait été dictée par les jacobins du manège; elle pesaitsur cent cinquante à deux cents mille citoyens qu’elle met-tait hors de la protection des lois ; elle les rendait respon-sables, dans leurs personnes et leurs propriétés, de tousles évènements provenant des troubles civils. Ces individusétaient les parents des émigrés, les nobles, les aïeuls,aïeules, pères et mères de tout ce qui faisait partie desbandes armées , chouans ou voleurs de diligence. Parl'article S, les administrateurs des départements étaientautorisés à réunir des otages pris dans ces classes, dans