gue lettre à Napoléon pour lui témoigner sonrepentir. Napoléon répondit celle-ci :
« J’ai reçu votre lettre, messieurs; elle ne« vous justifie pas. Le courage et la vertu sont« les conservateurs des états : la lâcheté et le« crime sont leur ruine. Vous avez violé l’hos-« pitalité, ce qui n’est jamais arrivé parmi les« hordes les plus barbares du désert. Vos con-te citoyens vous le reprocheront à jamais. Les« deux infortunés que vous avez livrés meurent« illustres ; mais leur sang fera plus de mal à« leurs persécuteurs que ne le pourrait faire« une armée. »
Une députation solennelle du sénat vint auxTuileries faire des excuses publiques à Napo-léon. Il leur témoigna de nouveau toute sonindignation, et lorsque ces envoyés alléguèrentleur faiblesse, il leur dit : a Eh bien ! n’aviez« vous pas la ressource des états faibles ? n’étiez« vous pas les maîtres de les laisser échapper?»
Le directoire avait adopté le principe d’en-tretenir les prisonniers français en Angleterre ,pendant que l’Angleterre entretiendrait les siensen France : nous avions en Angleterre , plus deprisonniers que cette puissance n’en avait enFrance. Les vivres en Angleterre étaient pluschers qu’en France ; dès lors cet état de chosesétait onéreux pour celle-ci. A- cet inconvénient