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Tome premier. [1/1.]
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1 86 MÉMOIRES DE NAPOLÉON .

contre-sens, cette violation de ce grand prin-cipe, fut la véritable cause de la catastrophedes Autrichiens dans cette campagne.

a° Le gouvernement avait ordonné au géné-ral Moreau de réunir son armée derrière le lacde Constance, par la Suisse ; de dérober cettemarche à l’ennemi, en interdisant toute com-munication de la rive gauche à la rive droitedu Rhin ; de jeter, à la fin d’avril, quatreponts entre Schaffhausen, Stein et le lac deConstance ; de passer sur la rive droite du Danube avec toute son armée; de se porter surStockach et Engen ; d’appuyer sa droite au Da-nube , sa gauche au lac de Constance ; deprendre à dos toutes les divisions ennemies quise trouveraient en position sur les MontagnesNoires et dans la vallée du Rhin , de les sépa-rer de leurs magasins, de se porter ensuitesur Ulin avant l’ennemi. Moreau ne compritpas ce plan ; il envoya le général Dessolles auministre de la guerre, pour proposer de passer le Rhin à Mayence, Strasbourg et Râle.Napoléon résolut alors de se mettre lui-mêmeà la tête de cette armée; mais les évènementsexigèrent qu’elle entrât en opération en avril,et les circonstances intérieures de la république ne lui permettant pas de quitter alorsParis, il se contenta de prescrire que l’arméedu Rhin n’eût qu’une seule ligne d’opération.