SCO MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
nisée pendant janvier, février et mars; la soldeétait alignée, et des convois considérables desubsistances avaient fait succéder l’abondanceà la disette; les ports de Marseille, Toulon ,Antibes , étaient encore pleins de bâtiments em-ployés à son approvisionnement : elle com-mençait à perdre le souvenir des défaites qu’elleavait éprouvées l'année précédente; elle étaitaussi bien que le pouvait permettre la pauvretédu pays où elle se trouvait. Celte armée semontait à 4 o>ooo hommes; mais elle avait descadres pour une armée de 100,000. Toutes lesnouvelles qui lui arrivaient de l’intérieur de laFrance , pendant la dernière campagne, exci-taient l’esprit de faction, de division et de dé-couragement ; la république était alors dansles angoisses de l’agonie : mais aujourd’hui toutétait propre à autoriser son émulation ; laFrance était régénérée. Ces trente millions deFrançais , réunis autour de leur chef, si fortsde la confiance réciproque qu’ils s’inspiraient,offraient le spectacle de l’Hercule gaulois arméde sa massue, prêt à terrasser les ennemis desa liberté et de son indépendance.
Le quartier-général était à Gênes ; le généralde brigade Oudinot était chef d’état-major; legénéral Lamartellière commandait l’artillerie.Masséna avait confié la gauche de son armée