a38
MEMOIRES DE NAPOLÉON.
imposer à la cour (le Vienne qui le remployade nouveau. 11 fut repris plus tard à la Favo-rite. Lorsque le général français qui com-mandait à mantoue , rendit cette place, le feld-maréchal Kray lui fit cadeau d’un drapeau, envantant beaucoup sa valeur. Les louanges desennemis sont suspectes ; elles ne peuvent flatterun homme d’honneur, que lorsqu’elles sontdonnées après la cessation des hostilités.
A Dieu ne plaise que l’on veuille com-parer le héros de Rivoli et de Zurich à unhomme sans énergie et sans caractère. Mas-séna était éminemment noble et brillant aumilieu du feu et du désordre des batailles : lebruit du canon lui éclaircissait les idées, luidonnait de l’esprit, de la pénétration et de lagaieté.
On a fort exagéré le mauvais état de l'arméed’Italie ; le mal avait été grand, mais il avaitété, en grande partie, réparé pendant février,mars et avril. On a dit que l’armée n’avait que25,ooo hommes : elle était de 4o,ooo hommessous les armes, depuis le Var à Gènes ; et, enoutre, la garde nationale de Gènes était dé-vouée, formée de la faction démocratique, etpassionnément attachée à la France . Il y avaitaussi, à Gênes , beaucoup de patriotes, d’Ita-liens réfugiés, qui furent formés en bataillon