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avait senti le besoin d’avoir à Paris plusieursrégiments pour sa garde, et pour comprimerles factieux. — Le gouvernement du premierconsul étant éminemment national, la présencede ces troupes dans la capitale devenait tout-à-fait inutile : elles furent dirigées sur l’arméede réserve. — Bon nombre de ces régimentsn’avaient pas fait la désastreuse campagne de1799, avaient tout entier le sentiment deleur supériorité et de leur gloire. — Le parcd’artillerie s’était formé avec des pièces, descaissons envoyés partiellement d’un grand nom-bre d’arsénaux et de places fortes. Le plus dif-ficile à cacher, était le mouvement des vivresindispensables pour une armée qui doit faireun passage de montagnes arides , et où l’on nepeut rien trouver : l’ordonnateur Lambret fitconfectionner à Lyon deux millions de ra-tions de biscuits. On en expédia sur Toulon une centaine de mille, pour être envoyées àGênes ; mais dix-huit cent mille rations lurentdirigées sur Genève , embarquées sur le lac, etdébarquées à Ville-Neuve, au moment où l’ar-mée y arrivait.
En même temps que l’on annonçait, avec laplus grande ostentation, la formation de l’ar-mée de réserve, on faisait faire à la main despetits bulletins, où, au milieu de beaucoup