29° MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
plus vive résistance, ayant été forcée, s’était misedans une complète déroute. La plaine sur lagauche était couverte de nos fuyards , qui ré-pandaient par-tout l’alarme, et meme plusieursfaisaient entendre ce cri funeste : Tout est perdu !
Le corps du général Lannes, un peu en ar-rière de la droite de Marengo, était aux mainsavec l’ennemi, qui, après la prise de ce village,se déployant sur sa gauche, se mettait en ba-taille devant notre droite qu’elle débordait déjà.Le premier consul envoya aussitôt son bataillonde la garde consulaire , composé de huit centsgrenadiers , l’élite de l’armée, se placer à cinqcents toises sur la droite de Lannes, dans unebonne position, pour contenir l’ennemi. Lbpremier consul se porta lui-même , avec lasoixante-douzième demi-brigade au secours ducorps de Lannes, et dirigea la division de ré-serve Gara Saint-Cyr sur l’extrême droite àCastel-Cériolo , pour prendre en flanç toutela gauche de l’ennemi.
Cependant, au milieu de cette immense plaine,l’armée reconnaît le premier consul, entouréde son état-major et de deux cents grenadiersà cheval, avec leurs bonnets à poil; ce seulaspect suffit pour rendre aux troupes l’espoirde la victoire : la confiance renaît; les fuyardsse rallient sur San-Juliano, en arrière de la