PIÈGES JUSTIFICATIVES.
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Li majorité du directoire, ont mandé le général Lefèvre,commandant la dix-septième division militaire, pourrendre compte de sa conduite et de ce qui se passait :Lefèvre répondit que, d’après le décret que venait derendre le conseil des anciens , il n’avait plus de compteà rendre qu’à Bonaparte, qui était devenu son général.
A cette nouvelle, les trois directeurs furent con-sternés. Moulin entra en fureur et voulait envoyer unbataillon pour cerner la maison Bonaparte : mais il n’yavait plus moyen de faire exécuter aucun ordre ; lagarde du directoire l’avait quitté pour se rendre auxTuileries . Cependant les barrières furent fermées pen-dant quelques instants, et l’on croit que l’ordre enfut donné par les trois directeurs.
Dans la matinée, on vit venir au conseil des anciens ,Bellot, secrétaire de Barras, qui venait parler à Bona-parte. Il entretint le général pendant quelque tempsen particulier, puis Bonaparte élevant la voix, luidit en présence d’une foule d’officiers et de soldats :« Qu’avez-vous fait de cette France que je vous ai lais-« sée si brillante P Je vous ai laissé la jiaix, j’ai re-« trouvé la guerre ; je vous ai laissé des victoires , j’ai<> trouvé partout des lois spoliatrices et la misère. Qu’a-« vez-vous fait de cent mille Français que je connais-» sais, tous mes compagnons de gloire ? ils sont morts !
« Cet état de choses ne peut durer. Avant trois ans« il nous mènerait au despotisme. Mais nous voulons« la république , la république assise sur les bases de« légalité, de la morale , de la liberté civile, et de la« tolérance politique : avec urxe bonne administration,