68 MÉMOIRES J)E NAPOLÉON.
Mais l’ennemi ne fit contenance nulle part; il*" craignait probablement d’être coupé du Min-cio; il abandonna ses positions. La belle hau-teur de Mozembano, qui commande le Mincio*,ne fut pas disputée. Les Français s’emparent detoutes les positions sur la rive droite, exceptéde Goîto et de la tête de pont de Borghetto.Lorsque l’ennemi s’était aperçu qu’il avait affaireà toute l’armée française, il avait craint unengagement général; et il s’était reployé sur larive gauche du Mincio, ne conservant, sur ladroite, que Goîto et Borghetto. Le résultat despertes des Autrichiens, sur toute la ligne, futde 5 à 600 hommes prisonniers. Le quartier-général des Français fut placé à Mozembano.
Il fallait, le jour même, jeter des ponts surle Mincio, le franchir, et poursuivre l’ennemi.Une rivière d’aussi peu de largeur, est un légerobstacle, lorsqu’on a une position qui dominela rive opposée, et que, de là, la mitraille desbatteries dépasse au loin l’autre rive. A Mozem-bano, au moulin de la Yolta, l’artillerie peutbattre l'autre rive à une grande distance, sansque l’ennemi puisse trouver une position avan-tageuse pour rétablissement de ses batteries.Alors le passage n’est réellement rien ; l’ennemine peut pas même voir le Mincio, qui, sem-blable à un fossé de fortification, couvre les bat-teries de toute attaque.