DIPLOMATIE. - GU ERRE. 6ç)
Dans la guerre de siège, comme dans cellede campagne, c’est le canon qui joue le prin-cipal rôle; il a fait une révolution totale. Leshauts remparts en maçonnerie ont dû êtreabandonnés pour les feux rasants et recouvertspar des masses de terre. L’usage de se retran-cher chaque jour, en établissant un camp, etde se trouver en sûreté derrière de mauvaispieux, plantés à côté les uns des autres, a dûêtre aussi abandonné.
Du moment où l’on est maître d’une positionqui domine la rive opposée , si elle a assezd’étendue pour que l’on puisse y placer un bonnombre de pièces de canon, on acquiert biendes facilités pour le passage de la rivière.Cependant, si la rivière a de deux cents àcinq cents toises de large, l’avantage est bienmoindre; parce que votre mitraille n’arrivantplussur l’autre rive, et l’éloignement permettantà l’ennemi de se défiler facilement, les, troupes,qui défendent le passage, ont la'faculté des enterrer dans des boyaux, qui les mettent à1 abri du feu de la rive opposée. Si les gre-nadiers, chargés de passer pour protéger laconstruction du pont, parviennent a surmontercet obstacle, ils sont écrasés par la mitraillede l’ennemi, qui, placé à deux cents toises dudébouché du pont, est à portée de faire un