MÉMOIRES DE KAPOLÉON.
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feu très-meurtrier, et est cependant éloigné(le quatre ou cinq cents toises de6 batteriesde l’armée qui veut passer ; de sorte que l’a-vantage du canon est tout entier pour lui.Aussi, dans ce cas, le passage n’est-il possi-ble , que lorsqu’on parvient à surprendre com-plètement l’ennemi, et qu’on est favorisé parune île intermédiaire, ou par un rentranttrès-prononcé, qui permet d’établir des batte-ries croisant leurs feux sur la gorge. Cette îleou ce rentrant forme alors une tête de pontnaturelle, et donne tout l’avantage de l’artil-lerie à l’armée qui attaque.
Quand une rivière a moins de soixante toi-ses, les troupes qui sont jetées sur l’autre bord,protégées par une grande supériorité d’artil-lerie et par le grand commandement que doitAvoir la rive où elle est placée, se trouventavoir tant d’avantage, que, pour peu que larivière forme un rentrant, il est impossibled’empêcher l’établissement, du pont. Dans cecas, les plus habiles généraux se sont contentés,lorsqu’ils ont pu prévoir le projet de leur en-nemi, et arriver avec leur armée sur Je pointde passage, de s’opposer au passage du pont,qui est un vrai défilé, en sc plaçant en demi-cercle alentour, et en se défilant du feu de larive opposée , à trois ou quatre cents toises