()/[ MÉMOIRES OU NAPOLÉON.
seulement considères comme prisonniers deguerre, les individus pris les armes à la main, 'et faisant partie de corps militaires. Ce chan-gement a beaucoup diminué les maux dela guerre. Il a rendu la conquête d’une na-tion plus facile, la guerre moins sanglanteet moins désastreuse. Une province conquiseprête serment, et, si le vainqueur l’exige,donne des otages,»rend les armes; les contri-butions se perçoivent au profit du vainqueur,qui, s’il le juge nécessaire, établit une contri-bution extraordinaire, soit pour pourvoir à l’en-tretien de son armée, soit pour s’indemniser lui-même des dépenses que lui a causées la guerre.Mais cette contribution n’a aucun rapport avec lavaleur des marchandises en magasin ; c’est seu-lement une augmentation proportionnelle plusou moins forte de la contribution ordinaire. Ra-rement cette contribution équivaut à une annéede celles que perçoit le prince, et elle est im-posée sur l’universalité de l’état ; de sorte qu’ellen’entraîne jamais la ruine d’aucun particulier.
Le droit des gens qui régit la guerre mari-time, est resté dans toute sa barbarie; les pro-priétés des particuliers sont qonfisquées; les in-dividus non combattants sont faits prisonniers.Lorsque deux nations sont en guerre, tousles bâtiments de l’une ou de l’autre, naviguant