Band 
Tome deuxième. [2/1.]
Seite
197
JPEG-Download
 

HATAILLE NAVALE n',\ltOTlRin. '97

employaient le surplus à enrichir leurs familles. Les moinesau moins disaient des messes , prêchaient et adminis-traient les sacrements, ils cultivaient la vigne du Seigneur ;mais les chevaliers ne faisaient rien de tout cela. Ainsi cesimmenses propriétés tournèrent au profit de quelques in-dividus, et devinrent un débouché pour les cadets des gran-des familles. De tant de revenus, peu de chose arrivait àMalte , et les chevaliers qui étaient tenus de séjourner deuxans dans cette île pour leurs caravanes , y vivaient dans desauberges qui portaient le nom de leur nation , et y étaientavec peu d’aisance.

L’ordre n’avait pas d’escadre; seulement 4 à 5 galères con-tinuaient à se promener dans la Méditerranée tous les ans,allant mouiller dans les ports d’Italie , et évitant les bar-baresques. Ces ridicules promenades sur des bâtiments, quin’étaient plus propres à combattre contre les frégates et lesgros corjaires d’Alger , avaient pour résultat de donner quel-ques fêles et bals dans les ports de Livourne, Naples et deSardaigne. Il n’y avait, à Malte , aucun chantier de construc-tion, aucun arsenal.il s’y trouvait cependant un mauvais vais-seau de 64 et 2 frégates, qui ne sortaient jamais. Les jeuneschevaliers avaient fait leurs caravanes sans avoir tiré unseul coup de canon , ni de fusil, sans avoir vu un ennemi.Lors de la révolution, quand les biens des moines furentdécrétés nationaux , législation qui gagna l’Italie à mesureque l’administration française s’y étendit, il n’y sut aucuneréclamation en faveur de l’ordre, même de la part desports de mer, Gènes, Livourne, Malte . Il y en eut pluspour les chartreux, bénédictins, dominicains, que pourcet ordre de chevalerie qui ne rendait aucun service.

On a peine à comprendre comment les papes, qui étaientles supérieurs de cet ordre, et les conservateurs naturelsde ses statuts, qui en étaient les réformateurs, qui étaient