hauteur de l’île d’Elfdé ou d’Éléphantine , etfertilise les déserts arides qu’il traverse. Sesinondations sont régulières et productives : ré-gulières, parce que ce sont les pluies du tropi-que qui les causent; productives, parce que cespluies, tombant par torrents sur les montagnesde l’Abyssinie, couvertes de bois, entraînentavec elles un limon fécondant que le Nil dé-pose sur les terres. Les vents du nord régnentpendant la crue de ce fleuve, et, par une cir-constance favorable à la fertilité, en retiennentles eaux.
En Egypte il ne pleut jamais. La terre n’yproduit que par l’inondation régulière du Nil .Lorsqu’elle est haute , l’année est abondante ;lorsqu’elle est basse, la récolte est médiocre.
Il y a cent cinquante lieues de l’île d’Élé-phantine au Caire , et cette vallée, qu’arrose leNil , a une largeur moyenne de cinq lieues.Après le Caire , ce fleuve se divise en deux bran-ches , et forme une espèce de triangle qu’il cou-vre de ses débordements. Ce triangle a soixantelieues de base, depuis la tour des Arabes jus-qu’à Péluse , et cinquante lieues de la mer auCaire ; un de ses bras se jette dans la Méditer-ranée , près de Rosette ; l’autre , près de Da-miette . Dans des temps plus reculés, il avaitsept embouchures.