ces derniers temps, ils portaient l’audace aupoint de venir piller des villages et tuer desfellahs , sans que cela donnât lieu à aucunepoursuite régulière. Un jour que Napoléonétait entouré du divan des grands-scheicks ,on l’informa que des Arabes de la tribu desOsnadis avaient tué un fellah et enlevé destroupeaux; il en montra de l’indignation , etordonna d’un ton animé, à un officier d’état-major, de se rendre de suite dans le Baireli avec200 dromadaires et 3 oo cavaliers pour obtenirréparation et faire punir les coupables. Leseheick Elmodi, témoin de cet ordre et de l’é-motion du général en chef, lui dit en riant :« Est-ce que ce fellah est ton cousin , pour quesa mort te mette tant en colère ?» — «Oui, ré-pondit Napoléon, tous ceux que je commandesont mes enfants. » — « Taïb (i)/ lui dit lescheik, tu parles là comme le prophète. »
§ IX.
L’Égypte a, de tout temps, excité la jalousiedes peuples qui ont dominé l’univers. Octave,après la mort d’Antoine, la réunit à l’empire. Ilne voulut point y envoyer de proconsul, et la