MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
230
flottille ennemie. En effet,les Mamelucksfurentcontraints d’en brider plusieurs. L’armée bi-vouaqua à Chabour, sous de beaux sycomores,et trouva des champs pleins de pastèques, es-pèce de melons d’eau qui forment une nourri-ture saine et rafraîchissante. Jusqu’au Caire nous en rencontrâmes constamment, et le sol-dat exprimait combien ce fruit lui était agréa-ble, en le nommant, à l’exemple des anciensEgyptiens , sainte pastèque.
Le lendemain, l’armée se mit en marchefort tard ; on s’était procuré quelques viandesqu’il fallait distribuer. Nous attendîmes notreflottille, qui ne pouvait remonter le courantavant que le vent du nord ne fût levé ; et nouscouchâmes à Kouncherick. Le jour suivant,nous arrivâmes à Alkam. Là, le général Zayou -check reçut l’ordre de mettre pied à terre surla rive droite, avec toute la cavalerie démontée,et de se porter sur Menouf et à la pointe duDelta. Comme il ne s’y trouvait aucun Arabe,il était maître de tous ses mouvements, et nousfut d’un grand secours pour nous procurer desvivres. Il prit position à la tête du Delta, ditele ventre de la vache.
Le 17, l’armée campa à Abounochabeck ; lej 8, à Wardam. Wardam est un gros endroit; lestroupes y bivouaquèrent dans une grande fo-