Nous furies séjour à Omedinar. Ce jour derepos servit à réparer les armes et à nous pré-parer au combat. La mélancolie et la tristesserégnaient dans l’armée. Si les Hébreux, dans ledésert de XÉgarement, se plaignaient et deman-daient avec humeur à Moïse les oignons et lesmarmites pleines de viande de l’Egypte , lessoldats français regrettaient sans cesse les dé-lices de l’Italie . C’est en vain qu’on leur assu-rait que le pays était le plus fertile du monde,qu’il l’emportait même sur la Lombardie ; lemoyen de les persuader ! ils ne pouvaient avoirni pain ni vin. Nous campions sur des tasimmenses de bled, mais il n’y avait dans lepays ni moulin, ni four. Le biscuit apportéd’Alexandrie , était mangé depuis long-temps ;le soldat était réduit à piler le bled entre deuxpierres et à faire des galettes cuites sous lescendres. Plusieurs grillaient le bled dans unepoêle, après quoi ils le faisaient bouillir. C’é-tait la meilleure manière de tirer parti dugrain, mais tout cela n’était pas du pain. Cha-que jour, leurs craintes augmentaient, aupoint qu’une foule d’entre eux disaient qu’iln’y avait pas de grande ville du Caire ; quecelle qui portait ce nom, était, comme Da-manhour, une vaste réunion de huttes , pri-vées de tout ce qui peut nous rendre la vie
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