9,38 MÉMOIRES UE NAPOLÉON,
boulets, de la poussière, des cris et de la fu-mée, une partie des Mamelucks rentra dans lecamp retranché, par un mouvement naturel ausoldat, de faire sa retraite vers le lieu d’où ilest parti. Mourah-Bey et les plus habiles se di-rigèrent sur Gizeh . Ce commandant en chef setrouva ainsi séparé de son armée. La divisionBon et Menou, qui formait notre gauche, seporta alors sur le camp retranché; et le géné-ral Rampon , avec deux bataillons , fut détachépour occuper une espèce de défilé, entre Gizeh et le camp.
§ v.
La plus horrible confusion régnait à Etnba-beh ; la cavalerie s’etait jetée sur l’infanterie,qui, ne comptant pas sur elle, et voyant lesMamelucks battus, se précipita sur les djermes,kaïkes et autres bateaux, pour repasser le Nil .Beaucoup le firent à la nage ; les Égyptiens ex-cellent dans cet exercice, que les circonstancesparticulières de leur pays leur rendent néces-saire. Les quarante pièces de canon, qui dé-fendaient le camp retranché, ne tirèrent pa$deux cents coups. Les Mamelucks , s’aperce-vant bientôt de la fausse direction qu’ils avaientdonnée à leur retraite, voulurent reprendre laroute de Gizeh ; ils ne le purent. Les deux ba-