nos canons déjà placés sur le fleuve au-delàdes débouchés de l’île de Rodah, ils perdirentl’espérance de les sauver, et y mirent le feu.Pendant toute la nuit, aux travers des tourbil-lons de flammes et de fumée, nous apercevionsse dessiner les minarets et les édifices du Caire et de la ville des Morts. Ces tourbillons deflammes éclairaient tellement, que nous pou-vions découvrir jusqu’aux Pyramides.
Les Arabes, selon leur coutume après unedéfaite, se rallièrent loin du champ de bataille,dans le désert au-delà des Pyramides.
Durant plusieurs jours, toute l’armée ne futoccupée qu’à pêcher les cadavres des Mame-lucks; leurs armes qui étaient précieuses, laquantité d’or qu’ils étaient accoutumés à por-ter avec eux, rendait le soldat très-zélé pourcette recherche.
Notre flottille n’avait pu suivre le mouve-ment de l’armée, le vent lui avait manqué. Sinous l’avions eue, la journée n’eût pas été plusdécisive, mais nous aurions fait probablementun grand nombre de prisonniers, et pris toutesles richesses qui ont été la proie des flammes.La flottille avait entendu notre canon, malgréle vent du nord qui soufflait avec violence. Amesure qu’il se calma, le bruit du canon allaitaugmentant, de sorte qu’à la fin il paraissait