ÉGYPTE. —-BATAILLE DES PYRAMIDES . I
s’être rapproché d’elle, et que le soir les ma-rins crurent la bataille perdue; mais la mul-titude de cadavres qui passèrent près de leursbâtiments, et qui tous étaient Mamelueks, lesrassura bientôt.
Ce ne fut que long-temps après sa fuite queMourah-Bey s’aperçut qu’il n’était suivi que parune partie de son monde, et qu’il reconnut lafaute qu’avait faite sa cavalerie , de rester dans lecamp retranché. Il essaya plusieurs chargespour lui rouvrir le passage, mais il était troptard. Les Mamelueks, eux-mêmes, avaient laterreur dans l’ame, et agirent mollement. Lesdestins avaient prononcé la destruction de cettebrave et intrépide milice, sans contredit l’é-lite de la cavalerie d’Orient. La perte de l’en-nemi dans cette journée peut être évaluée à10,000 hommes restés sur le champ de batailleou noyés, tant Mamelueks, que janissaires,miliciens du Caire et esclaves des Mamelueks.On fit un millier de prisonniers, et l’on s’em-para de huit à neuf cents chameaux et d’au-tant de chevaux.
§ VII.
Sur les neuf heures du soir, Napoléon entradans la maison de campagne de Mourah-Bey,Mémoires .— Gourgaud.—Tome II. 16