ropéennes, La décence de leur maintien, lamodestie de leurs vêtements y ajoutaient desgrâces nouvelles; et l’imagination se plaisait àdeviner des charmes quelles ne laissaient pasmême entrevoir.
Les femmes sont sacrées chez les Orientaux,et dans les guerres intestines on les épargneconstamment. Celles des Mamelucks conservè-rent leurs maisons au Caire , pendant que leursmaris faisaient la guerre aux Français . Napo-léon envoya Eugène son beau-fils complimenterla femme de Mourah-Bey qui avait sous sesordres une cinquantaine d’esclaves appartenantà ce chef mameluck et à des katchefs. C’étaitune espèce de couvent de religieuses dont elleétait l’abbesse. Elle reçut Eugène sur son granddivan , dans le harem, où il entra par exception,et comme envoyé du sultan Kébir. Toutes lesfemmes voulurent voir le jeune et joli Français ,et les esclaves eurent beaucoup de peine à con-tenir leur curiosité et leur impatience. L’épousede Mourah-Bey était une femme de cinquanteans, et avait la beauté et les grâces que com-porte cet âge. Elle fit, suivant l’usage, appor-ter du café et des sorbets dans de très-richesservices et avec un appareil somptueux. Elleôta de son doigt une bague de mille louis qu’elledonna au jeune officier. Souvent elle adressa