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Tome deuxième. [2/2.]
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MEMOIRES DE NAPOLEON .

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tempérie de la saisou. Elle ne comptait à sonarrivée à Wilna que 5o,ooo hommes, et à Ka-lilsch moins de 18,000; on peut avancer que,tout calculé, la perte de la Russie dans cettecampagne a été six fois plus grande que cellede la France d’aujourd’hui.

Ce que perd l’Angleterre aux grandes Indes,aux Indes occidentales, ce qu’elle a perdudans ses expéditions en Hollande, à Buénos-Àyres, à Saint-Domingue, en Égypte , à Fles-singue, en Amérique , est au-dessus de ce quel’on peut imaginer. L’opinion généralementreçue que les Anglais ménagent leurs soldatsest tout-à-fait fausse, ils en sont au contrairefort prodigues, ils les exposent continuellementdans des expéditions hasardeuses , dans desassauts contre toutes les règles de l’art, dansdes colonies très-malsain'es. On peut dire quecette nation solde le commerce des Indes parle plus pur de son sang. Cela seul peut ex-pliquer comment depuis 1800 la populationde la France a considérablement augmenté.Ce sont ces vaines déclamations propagées parl’ignorance ou la haine qui avaient fait croireà l’Europe en 1814, q u ’il n ’y avait plus d’hom-mes, plus de bestiaux, plus d’agriculture, plusd’argent en France , que le peuple y était ré-duit au dernier degré de misère, qu’on ne voyait