2 16 MKMOIltKS DK NAPOLÉON.
chrétiens régnèrent en Syrie , mais la religionétait l’objet de la guerre, c’était une guerred’extermination; l’Europe y perdit des millionsd’hommes. Si un tel esprit eût animé les Egyp-tiens en 1798, ce* n’est pas avec 25 à 3 o,oooFrançais , que n’exaltait aucun fanatismeetdéjadégoûtés du pays, que l’on eût pu soutenirune pareille lutte. Maître d’Alexandrie et duCaire , victorieux des Mamelouks aux Pyramides,la question de la conquête n’était pas décidée,si l’on ne parvenait à se concilier les imans,les muphtis, les ulmas et tous les ministres dela religion musulmane. L’armée française, de-puis la révolution, n’exerçait aucun culte; enItalie même elle n’allait jamais à l’église; ontira parti de cette circonstance : on présental’armée aux musulmans comme une armée decatéchumènes , disposés à embrasser le maho-métisme. Les chrétiens, cophtes, grecs, latins,syriens, étaient assez nombreux : ils voulaientprofiter de la présence de l’armée françaisepour se soustraire aux restrictions imposéesà leur culte. Le général en chef s’y opposa,et eut soin de maintenir les affaires religieusessur le pied existant. Tous les jours au soleillevant, les cheichs de la grande mosquée deGemil et Azar ( c’est une espèce de Sor-bonne ) se rendaient à sou lever; il leur lai-