37 ^ MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
1 Autriche , ont acquis par le seul démembrement dela Pologne ; tous ces états se sont agrandis. Vouloirramener la France à son état ancien, ce serait la fairedéchoir et l’avilir. La France , sans les départementsdu Rhin, sans la Belgique, sans Ostende, sans An-vers, ne serait rien. Le système de ramener la France à ses anciennes frontières est inséparable du rétablis-sement des Bourbons ; parce qu’eux seuls pourraientoffrir une garantie du maintien de ce système : etl’Angleterre le sentait bien: avec tout autre, la paixsur une telle base serait impossible et ne pourraitdurer. Ni l’empereur, ni la république, si des boule-versements la faisaient renaître, ne souscriraientjamais à une telle condition. Pour ce qui est de S. M.,sa résolution était bien prise, elle était immuable.Elle ne laisserait pas la France moins grande quellene l’avait reçue. Si donc les alliés voulaient changerles bases acceptées et proposer les limites anciennes,elle ne voyait que trois partis : ou combattre etvaincre, ou combattre et mourir glorieusement, ouenfin , si la nation ne la soutenait pas , abdiquer.Elle ne tenait pas aux grandeurs, elle n’en achèteraitjamais la conservation par l’avilissement. Les Anglais pouvaient desirer de lui ôter Anvers ; mais ce n’étaitpas l’intérêt du continent, car la paix ainsi faite nedurerait pas trois ans. Elle sentait que les circon-stances étaient critiques, mais elle n’accepterait jamaisune paix honteuse. En acceptant les bases proposées,elle avait fait tous les sacrifices absolus qu’elle pou-vait faire; s’il en fallait d’autres, ils ne pouvaient