3(j6 MÉMOIRES DE JVAPOLÉOM.
être bons, si c’est uniquement la paix qu’on se pro-pose? Ne suis-je pas ici pour conclure et demandé-jeautre chose que de connaître les conditions auxquelleson la veut faire ? Les allies veulent-ils se ménager letemps d’arriver à Paris ? Je ne vous dirai point ,prince, de songer aux conséquences d’un tel évène-ment par rapport à l’impératrice ; sera-t-elle réduite às’éloigner devant les troupes de son père, quand sonauguste époux est prêt à signer la paix? Mais je vousdirai que la France n’est point toute entière à Paris ;que la capitale occupée, les Français pourront penserque l’heure des sacrifices est passée; que des senti-ments , que diverses causes ont assoupis, peuvent seréveiller ; et que l’arrivée des alliés à Paris , peut com-mencer une série d’évènements que l’Autriche ne se-rait pas la dernière à regretter de ne pas avoir pré-venus; car dussions-nous finir par être accablés,est-ce l’intérêt de l’Autriche que nous le soyons ?Quel profit a-t-elle à s’en promettre, et quelle gloiremême en peut-elle attendre, si nous succombons sousles efforts de l’Europe entière? Vous, mon prince,vous avez une gloire immense à recueillir ; mais c’està condition que vous resterez le maître des évène-ments , et le seul moyen que vous ayez de les maî-triser, est d’en arrêter le cours par une prompte paix.Nous ne nous refusons à aucun sacrifice raisonnable,nous desirons seulement connaître tous ceux qu’onnous demande, au profit de qui nous devons les faire,et si en les faisant nous avons la certitude de mettreimmédiatement fin aux malheurs de la guerre. Faites,