MELANGES. 6()
du prince de Coudé de la capitale pouvait avoirdes eonséquences funestes.
Turenne se porta à la rencontre de l’ennemi,le 18 juillet; il campait à Ribemont, près dela Fère, lorsque le roi et le cardinal se ren-dirent à son camp pour y tenir conseil sur lesgraves conjonctures où l’on se trouvait; plu-sieurs partis furent proposés : les uns voulaientque l’on jetât 5 ,ooo hommes d’infanterie et1,000 de cavalerie dans les places de la frontière;qu’avec 9,000 cavaliers et 1,000 fantassins d’é-lite l’on inquiétât la marche de l’armée, enle-vât les convois, menaçât ses communications;d’autres rejetaient bien loin l’idée d’affaiblirl’armée et proposaient au contraire de prendreposition derrière l’Oise , d’en défendre le pas-sage, et, lorsqu’il serait forcé, de centralisersur Paris les réserves et les secours que pour-raient offrir les dépôts et les provinces. Tu-renne n’approuva aucun de ces deux partis,l’un et l’autre avaient des inconvénients ; ilétait impossible de défendre le passage d’uneriviere comme l’Oise , cependant quand l’eunc-mi l’aurait forcé: il se vanterait d’un succès,dont l’influence serait grande sur le moral del’armée et sur l’opinion de la capitale; il pro-posa, ce qui fut adopté, de rester en corpsd’armée, de cotover à quatre ou cinq lieues