I7 U MÉMOIRES 1)E NAPOLÉON,
à l’ouest, par un marais profond et escarpé,ayant trente à quarante toises de large; et enfin,à la tête, par la forteresse de Kœnigstein , desbois et des ravins qui communiquent à la fron-tière de Bohème. Il forme un grand triangle,dont deux côtés ont dix à onze mille toises, etle petit côté trois à quatre mille. Les 1/4,000Saxons étaient trop faibles pour garnir cetteétendue. Si le roi eût fait faire neuf attaques,trois sur chaque côté, dont une seule véritabledans une des positions où le ravin est saillant,en y plaçant deux batteries de cinquante bou-ches à feu chacune, il eût réussi à se rendremaître du ravin. Il lui fallait un quart-d’heurepour y pratiquer une rampe par laquelle ileût fait déboucher les deux tiers de son armée,infanterie, cavalerie et artillerie: les Saxons,rejetés *sous les murs de Kœnigstein , eussentcapitulé. Sans doute qu’une armée de 4 o»t>oohommes contre une armée de 60 à 80,000,peut se défendre avec avantage dans le camp deBirna; mais 1/4,000 hommes ne le pouvaient pascontre une armée de 60,000, munie d’autantd’4rtillerie qu’elle le voulait : uji corps aussifaible n’aurait pu s’y défendre qu’autant que leravin et l’Elbe , qui couvrent le camp , eussenteu deux à trois cents toises de largeur, distancequi permettrait aux batteries du camp de pren-