34^ MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
lerie et ce coup d’œil qui le distinguait, n’yeût porté remède. L’infanterie russe n’était pasassez manœuvrière pour soutenir ses colonnesd’attaque par des échelons; elle fut rejetée dansses quarrés. La bataille se continua, l’arméeprussienne eut la victoire, mais parce qu’ellefut ramenée par la force des évènements auxvrais principes, car c’est la gauche de l’arméerusse qu’elle rompit en dépit des ordres deFrédéric. L’année suivante, le général prussienWedel fit encore une marche de flanc à la ba-taille de Kay ; Soltikof l’en fit repentir, et luidonna une bonne leçon.
Mais, dira-t-on, vous ne parlez pas de la ba-taille de Leuthen ; c’est le chef-d’œuvre del’ordre oblique. Sans doute cette bataille estpropre à immortaliser le caractère moral deFrédéric , et met à jour ses grands talents mili-taires ; mais elle ne présente rien qui ressembleà la manœuvre de Potzdam. Il ne dut cette vic-toire qu’à la surprise ; elle tient au chapitredes accidents. Si le prince de Lorraine eût euune seule vedette en avant de son front, unepatrouille, il eût été prévenu que le roi mar-chait par sa droite , passait dans un marais quisemblait impraticable , pour attaquer son ailegauche; il y eût porté sa réserve, et en mêmetemps eût fait avancer sa droite et son centre;