devant Napoléon, l’empire ottoman en eût étéébranlé : la politique de la Russie aurait changésubitement; l’Angleterre aurait tremblé pourl’Inde ; la politique de Pitt aussi aurait changé.
La conspiration que l’Angleterre ourdissaitdans les deux tiers de l’Europe était périlleusepour le Directoire. Il était loin d’avoir des res-sources à lui opposer : ses finances étaient dansle plus grand désordre, il n’avait aucun crédit;et si les divers services de l’administration sefaisaient avec exactitude, il le devait aux bien-faits des victoires d’Italie , qui se faisaient encoresentir, mais qui nécessairement devaient avoirun terme prochain. Le Directoire croyait avoirbesoin de la guerre pour consolider en France son existence politique, comme l’Angleterre pourconserver sa prépondérance en Europe .
Pendant que l’on continuait à négocier à. Ra-stadt, de grands événements avaient lieu : larévolution de Rome, celle de Suisse , le départde l’expédition d’Égypte , la déclaration de guerrede la Porte à la République, la guerre de Na-ples , la création de la République Parthéno-péenne, le détrônement du roi de Sardaigne ,qui se réfugia dans ses possessions d’outre-mer,comme le roi de Naples en Sicile , enfin la reprisedes hostilités en Allemagne .
Malgré les nouvelles demandes du Directoire