POLITIQUE DU DIRECTOIRE. 3l
le feu de la guerre à Vienne et à Saint-Péters-bourg . Elle ne perdait pas de vue la ruine quimenaçait ses intérêts commerciaux, si la paix sesignait entre la République et l’Empire. Elle pré-voyait le système de prohibition générale desproduits de ses colonies et de ses manufactures,et il n’y avait que le monopole de ce commercequi pût l’indemniser des sacrifices qu’elle faisait.Elle était d’ailleurs aigrie par la rupture des con-férences de Lille . Pitt ne négligea aucun moyenpour réarmer l’Europe contre la France , sonennemie personnelle : il créa Yincome-tax, quimit à sa disposition d’immenses ressources. Onlui attribue, peut-être à tort, d’avoir tramé lestroubles du pays de Vaud et de Rome , dans lebut d’attirer sur ces deux états les armées fran-çaises, et de blesser l’Autriche par une sorte d’at-teinte à la paix de Campo-Formio. On a dit aussique ce ministre, pour compléter le vaste plan decoalition qu’il méditait, avait entraîné sourde-ment le Directoire à l’expédition d’Égypte , afinde forcer la Porte Ottomane à se déclarer; maiscette assertion est fausse. Sans doute la guerrede la Turquie avec la France avait pour l’Angle-terre le grand avantage de rendre disponiblestoutes les forces de la Russie , en ce quelle dé-barrassait cette puissance de son observation surla Turquie ; mais si Saint-Jean-d’Acre était tombé