POLITIQUE DU DIRECTOIRE. ’ 63
taient armés. Les Suisses traitèrent les Fran-çais comme leurs ancêtres avaient traité les Au-trichiens; mais que pouvaient-ils faire contre lacavalerie et l’artillerie française ? Ils se jetèrenten fanatiques sur les canons; ils ne cédèrentqu’au nombre et à la tactique. Plusieurs de leursvieillards ne voulurent pas survivre à ce granddésastre, et se donnèrent la mort.
La chute de Berne fut le signal de la déca-dence helvétique. Lucerne, Zurich , Schafhausen,suivirent'le sort de Soleuçe, de Fribourg et det Berne , et imitèrent plus ou moins l’exemple deBàle et de Lausanne . Il résulta de tous ces chan-gements spontanés, que les cantons faisaientdans leurs propres gouvernements, pour en fairehommage au Directoire , plusieurs variations no-tables dans l’état du pays. On fit d’abord troisrépubliques fédérées ; après, on en fit treize ouquatorze, et enfin Brune en fit deux : ce géné-ral fut alors injustement accusé d’avoir abusé deses pouvoirs. L’histoire lui rendra justice. Quandil fut parti, Lecarlier , commissaire du Direc-toire, chargé d’organiser la république helvé-tique , octroya à la Suisse une constitution qu’ilavait reçue de Paris , et fit convoquer, selonl’usage, une diète solennelle à Arau, pour re-connaître librement cette dernière condition dela paix. Iæs agents du Directoire s’étaient em-