chassés de leurs positions, ils les reprirent, cinqfois; mais ils ternirent leur gloire. Le respec-table avoyer Steiger et le général en chef d’Er-lach étaient à ce dernier poste de la patrie; ilsfurent assassinés dans la retraite par leurs sol-dats, qui se vengèrent de la manière la plusbarbare, sur leur brave général, de ce qu’ilsappelaient sa trahison; il périt misérablementd’une mort cruelle, et ils répondirent au tribunalqui les jugea qu’on leur avait dit que d’Erlach nes’était mis à leur tète que pour les livrer. L’oc-togénaire Steiger fut méconnu d’abord par cettetroupe encore sanglante du meurtre de son gé-néral; reconnu ensuite, il découvrit sa poitrine,et l’étoile de l’aigle noir de Prusse le déroba aufer des assassins; il leur parla comme Coligny,dans la Henriade; il fut plus heureux. Les hugue-nots de Berne , quoique trahis, vaincus, déses-pérés, eurent une meilleure conscience que lesfanatiques de la Saint-Barthélemy . Ce vieillardput gagner les montagnes, et emporta avec lui,auprès de Constance, les pénates de la patriebernoise. Le corps bernois avait eu affaire à desforces triples, composées de vieux soldats de laRépublique. Mais, ce qu’il y eut de déplorable,quand on parcourut les champs de bataille, cefut d’v compter des centaines de femmes et desmilliers de faux dont ces braves paysans s’é-
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