l3a mémoires de napoléon.
ments, une proposition plus révoltante. Il yavait, d’un autre côté, grand péril à refuser hau-tement cette médiation ; quant à celle de laPrusse , outre qu’elle embrassait les différendsrespectifs des provinces entre elles, elle devaitaussi juger spécialement le procès des États-gé-néraux avec le Stathouder , quoique la Hollandefût le souverain, et le prince son délégué. Dansl’état où la France avait laissé se placer la ques-tion, il n’était plus possible de songer à déclinerla médiation anglaise, sans rejeter égalementcelle de Versailles et celle de Berlin .
Dans une situation aussi compliquée, les Étatss’avisèrent d’un moyen que leur suggéra leurprudence. Ce fut, au lieu de recourir à la mé-diation publique des trois puissances, de traiterà l’ombre d’une médiation particulière, à laquelleon donnerait la force et le caractère d’un arbitre.Ce médiateur était la France . Un citoyen distin-gué serait envoyé confidentiellement à Versailles ,s’aboucherait, à Paris , avec le comte de Goltz,ministre de Prusse ; et ils plaideraient leur causedevant le comte de Montmorin , ministre desaffaires étrangères. Le plénipotentiaire hollan-dais garderait le plus strict incognito pour nepas éveiller les soupçons de l’Angleterre, - il nedevait être extérieurement à Paris qu’en simplevoyageur. Ses instructions étaient d’abord de