300 MÉMOIRES I)K NAPOLÉON,
elle l’a prouvé en 1814, son système de destruc-tion contre la France : elle envoyait des armes àces rebelles au moment où un gouvernement forts’occupait de les amnistier. Si elle eût voulu ré-tablir la royauté en France , c’est-à-dire lui rendreune existence stable et glorieuse, elle eût envoyéun prince aux Vendéens . Mais en 1800 il étaitdéjà trop tard; la place était bien occupée. Ellese contentait donc d’envoyer des aliments à laguerre civile, ce qui fut également inutile. Oncapitulait partout, dans le Maine , en Anjou, dansles Bretagnes ; il n’y eut que Frotté et Georgesqui voulurent continuer la révolte. Cette obsti-nation , qui ne tenait plus à un parti, fut bientôtchâtiée. Frotté fut battu et livré par Guidai,auquel il s’était confié. Il voulait parlementeraprès sa défaite, tandis qu’il avait rompu sonban en violant son traité et en refusant l’amnistie :il fut fusillé. Georges échappa et se sauva en An-gleterre , d’où il revint en 180/j pour assassiner lepremier consul. Il fut jugé, et mis à mort commeassassin et conspirateur. Il avait trouvé moyend’avoir pour complices deux des plus célèbresgénéraux de la République, Pichegru et Moreau.La fin de ces deux hommes fut tragique : Piche-gru s’étrangla dans sa prison, et Moreau revintde son exil pour être tué par un boulot français au milieu des rangs étrangers qu’il dirigeait cou-