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Tome sixième.
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458 MÉMOIRES DE NAPOLÉON,

toutes ses forces à Faenza et dans les autres villes dela Romagne, où il a près de six mille hommes. Commecela fait très-peur aux Bolonais et pourrait servir àfavoriser l’évasion de Wurmser de la place de Man-toue, conformément à un article de l’armistice, je feraiarrêter des otages dans les différents pays, conformé-ment à l’usage de toutes les nations, et ces otages se-ront les citoyens les plus attachés au Pape et les plusgrands ennemis du parti français : par ce moyen, lepays s’organisera de lui-même comme Bologne . Jeséquestrerai tous les revenus de la Romagne et de laMarche, pour me tenir lieu de paiement des quinzemillions, conformément à l’armistice. Je mettrai àAncône les quinze cents hommes que je tiens à Li-vourne , et, par ce moyen, j’éloignerai ce corps d’en-nemis qui paraît se combiner avec la position d’Alvinzià Padoue , et l’ordre que l’Empereur vient de donnerà Wurmser 5 et je trouverai de l’argent pour l’armée.

Si je tarde quelques jours dans l’exécution de ceprojet, c’est, i° qu’il faut laisser passer quelques jourspour que l’impression faite sur les Vénitiens par l’oc-cupation de Bergame soit entièrement détruite; 2° qu’ilfaut que je m’assure que les secours que vous m’an-noncez sont en route et arrivent véritablement. Voussentez bien qu’il me faut au moins trois mille hommespour aller jusqu’à Ancône , qui est à quarante lieuesde Bologne . Si les dix mille hommes de secours del’Océan et les dix mille du Rhin , que vous m’annoncezdepuis long-temps, arrivent enfin, je prendrai six millehommes pour aller à Rome . Vous sentez combien,