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Tome sixième.
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MEMOIRES DE |\ Al'OI.EOK.

46o

ce mois, le général Dumas surprit un espion qui en-trait dans la ville : c’est un cadet autrichien qui avaitété expédié de Trente par Alvinzi. Après de grandesfaçons, il avoua qu’il était porteur de dépêches, et,effectivement, il rendit, vingt-qnatre heures après( allant à la garde-robe ), un petit cylindre où étaitrenfermée la lettre ci-jointe de l’Empereur. Si cetteméthode de faire avaler les dépêches n’était pas par-faitement connue, je vous enverrais les détails, afinque cela soit envoyé à nos généraux, parce que lesAutrichiens se servent souvent de cette méthode.Ordinairement les espions gardent cela dans le corpspendant plusieurs jours; s’ils ont l’estomac dérangé,ils ont soin de reprendre le petit cylindre, de le trem-per dans de l’élixir et de le réavaler. Ce cylindre esttrempé dans de la cire d’Espagne délayée dans du vi-naigre.

Vous verrez, par la lettre de l’Empereur, queWurmser doit effectivement être à toute extrémité;la garnison ne se nourrit que de polenta et de viandede cheval; cependant il est possible que sa redditiontarde encore : les Autrichiens mettent tant d’espérancedans cette place, qu’il n’est pas étonnant qu’ils souf-frent toutes les extrémités avant de la rendre.

Le parti qu’ordonne l’Empereur n’est pas bien dan-gereux.

Le corps franc des volontaires de Vienne, fort dequatre mille hommes, est arrivé à Trente ; il y a uncaporal qui est chambellan : c’est une garde nationale.Trois mille hommes sont déjà arrivés à Trente, venant