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Tome sixième.
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PIÈCES JUSTIFICATIVES.

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par les employés de l’armée française ; le luxe, la dé-pravation et la malversation sont à leur comble. Leslois sont insuffisantes. 11 n’y a qu’un seul remède; ilest à la fois analogue à l’expérience, à l’histoire et à lanature du gouvernement républicain : c’est une syn-dicature, magistrature qui serait composée d’une oude trois personnes, dont l’autorité durerait seulementtrois ou cinq jours, et qui, pendant ce court espace,aurait le droit de faire fusiller un administrateur quel-conque de l’armée. Cette magistrature, envoyée tousles ans aux armées, ferait que tout le monde ménage-rait l’opinion publique, et garderait une certaine dé-cence, non-seulement dans les mœurs et la dépense,mais encore dans le service journalier.

Le maréchal de Berwick fit pendre l’intendant del’armée parce qu’il manqua de vivres; et nous, au mi-lieu de l’Italie , ayant tout en abondance, dépensantdans un mois cinq fois ce qu’il nous faudrait, nousmanquons souvent. Ne croyez pas cependant que jesois mou, et que je trahisse la patrie dans cette portionessentielle de mes fonctions. Je fais arrêter tous lesjours des employés; je fais examiner leurs papiers,visiter les caisses; mais je ne suis secondé par per-sonne, et les lois n’accordent pas une assez grandeautorité au général pour pouvoir imprimer une terreursalutaire à cette nuée de fripons : cependant le maldiminue, et, à force de gronder, de punir et de mefâcher, les choses, je l’espère, se feront avec un peuplus de décence; mais songez, je vous le répète, à l’idéeque je vous donne d’une syndicatnre.

Montholon.—Tome VL 3o