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Tome sixième.
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/|68 MÉMOIRES DE NAPOLÉON,

absolus île l’Italie ; mais, avant de prendre cette place,nous avons encore quelques chances à courir : déjàelle a été débloquée une fois; elle vient d’être sur lepoint de l’être de nouveau, et nous avons été à deuxdoigts de perdre une partie de nos conquêtes en Italie .

L’armistice nous assurera la tranquille possession dece pays pendant six mois, ainsi que la possibilité denous y faire des amis intéressants qui s’armeront pournotre cause.

L’opinion attache, avec raison, un grand prix à laprise de Mantoue ; mais, pour en attendre le moment,devons-nous continuer une campagne d’hiver que nossoldats du Rhin refuseraient de faire? Je suis pour lanégative; et puisque, en ne faisant partager le bienfaitde l’armistice qu’aux armées de Rhin-et-Moselle et deSambre-et-Meuse, on permettrait évidemment aux en-nemis de diriger toutes leurs forces contre celle d’Italie ,et qu’ils auraient même la presque certitude d’arriveravant la prise de Mantoue , je crois qu’il est inutile deconclure l’armistice en maintenant le statu quo actuel.

Quelle est d’ailleurs notre position au moment oùj’écris?

La lassitude de la guerre se fait sentir dans toutesles parties de l’intérieur de la République . Le peuplesouhaite ardemment la paix, les armées murmurenthautement de ce qu’elle n’est point faite; celle d’Italie et ses plus braves même en parlent et la désirent. LeCorps législatif la veut; il la commande, pour ainsi dire,n’importe à quelles conditions; et ses refus prolongésde faire fournirai! Directoire des fonds pour continuer