PIÈCES JUSTIFICATIVES.' 4^9
la guerre en sont la preuve. Vos finances sont nulles;l’agriculture réclame, ou séduit, ou rappelle les brasqu’elle avait envoyés pour la protéger à l’extérieur ; laguerre aurait chaque jour une immoralité presque uni-verselle, pourrait, par la suite, renverser la Républi-que ; enfin, tous les partis, harassés, veulent la fin dela révolution : et si notre état de misère intérieure seprolonge, le peuple, fatigué, ne trouvant pas le biendans ce qui est, voudra le chercher dans un autre ordrede choses, qui fera naître et recommencer de nouvellesrévolutions, et nous aurons, pendant vingt ou trenteans, tous les fléaux que ces secousses amènent.
Pendant cet hiver, soit qu’on se batte, soit qu’onreste indécis, une grande partie de nos soldats rentreradans ses foyers, dont rien ne pourra les faire sortir :car, faute d’argent, nous n’avons ni police intérieure,ni gendarmerie , et nos autorités constituées sont loind’être toutes pures et à l’abri de la séduction. Il fautdonc la paix; et, pour retrouver l’enthousiasme quinous a fait vaincre, il faut que nos ennemis éloignentsa conclusion, et qu’il n’y ait personne en France quine soit convaincu que le gouvernement a voulu unepaix raisonnable, et qu’elle a été rejetée par l’ambitionou par la haine de nos principes.
Le moment de parler de paix, c’est le moment ac-tuel; celui où l’armée d’Italie vient de battre ses en-nemis; celui surtout où la lassitude d’une campagneextrêmement active s’est fait sentir dans toute l’Alle-magne; celui où l’Angleterre doit paraître à ses alliésn avoir agi que pour elle-même, et les avoir joués eu