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Tome sixième.
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/ |S / | XtÉMOIRKS I)E NAPOLÉON,

courriers, que le baron de Thugut a changé de lan-gage, malgré son air de mystère. Nous ne pouvonsplus douter des secours de l’Empereur, d’autant plusque l’Impératrice et lui vous les ont promis. Il sembleaussi que le baron de Thugut compte sur nous, à enjuger par le prompt départ du général Colli, par l’obli-gation qu’on lui impose de se hâter de voir nos trou-pes, et par la manière dont on nous a excités à re-prendre nos pays. Tout nous dit que déjà on nousregarde comme alliés.

Or. ne nous parle plus de sacrifices. En aurait-onabandonné l’idée? Sans doute je me flatte trop, et jene me croirai sfir que lorsque le traité sera signé auxconditions que je vous ai marquées dans mon derniercourrier. A présent que vous êtes muni de pleins-pou-voirs, M. Thugut ne pourra plus tergiverser, et il fau-dra qu’il se décide.

Quant à moi, tant qu’il me sera permis d’espérerdes secours de l’Empereur, je temporiserai relative-ment aux propositions de paix que les Français nousont faites. Vous ne pouvez vous former une idée detout ce qu’on a fait pour m’obliger à répondre à Ca-cault. Les uns tâchaient de me persuader par l’espoirde meilleures conditions; les autres, par la crainte etpar des menaces : mais, toujours constant dans monopinion, et jaloux de mon honneur, que je croiraisoffensé en traitant avec les Français lorsqu’une né-gociation est entamée avec la cour de Vienne , je neme suis laissé ni séduire ni intimider; et, jusqu a ceque je m’y voie obligé, je ne changerai pas de parti.