42 INTRODUCTION.
plus de part au gouvernement, que les Etats de Hol-lande : mais ce n’était pas assez; dans une républiqueoù la richesse était le premier titre de considération,il était difficile qu’on ne jalousât pas l’autorité souve-raine , et les dogmes philosophiques répandus à la finde ce siècle avaient germé depuis trop longtemps enHollande, pour que les succès des Américains , leurconstitution et l’esprit inquiet qui commençait à remuerla France , ne fissent pas une explosion dans les Pro-vinces-Unies.
Des discussions éternelles sur des questions de droitne pouvait manquer de donner mille prétextes d’exciterdes troubles. Le crédit que le ministre anglais Harris(Malmesbury ) exerçait sur la princesse ne tarda pas àlui en fournir une occasion. Une émeute excitée avaitengagé les États à prendre des moyens de répressioncontre lesquels le stathouder protesta comme attenta-toires aux droits du pouvoir exécutif, il s’en plaignit àl’Angleterre et à laPrusse. De part et d’autre on oublisles lois ; Guillaume , excité par son épouse, s’arrogeaitun pouvoir contesté, et les patriotes voulurent abolirlestathouderat. Les émeutes furent fréquentes et terrible;(en 1787). Le ministre anglais était, dit-on, le meneur dstoute cette trame ; on peut juger cl’où partaient ses pre-mières ramifications. Enfin le stathouder fut déclarédéchu. Sa femme voulant entreprendre un voyage quiavait pour but de préparer une contre-révolution , sevit arrêtée à Velsch-Sluis. Le roi de Prusse s’apprêta àvenger par les armes la cause de sa soeur.
Le ministère de Louis XVI s’oublia au point de souf-frir la chute d’un parti que son ambassadeur avait pourainsi dire créé. La France venait de perdre M. de Ver-