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LIVRE I, 01IAP. I.
gennes , dont l’administration avait été sage ; son suc-cesseur Montmorin et M. de Brienne ne possédaient nile génie ni la fermeté nécessaires dans des circonstancessi difficiles. Pour comble de malheur, M. de Lavau-guyon, qui avait habilement amené la Hollande au sys-tème d’alliance avec la France , quitta ce pays pourpasser à l’ambassade d’Espagne , et se trouva mal rem-placé.
Le cabinet de Versailles commit la faute criante delaisser décider du sort de son allié le plus précieux , parune puissance du second rang ; il laissa tranquillementfaire les Prussiens , au risque de perdre tout crédit chezses voisins, et de jeter la Hollande entre les bras de sesennemis. Il n’y avait pas à balancer, la France devaitsoutenir le parti qui lui était dévoué ; elle se borna à defutiles démonstrations. On sait que le duc de Bruns-wick entra dans les provinces-Unies , à la tête d’unepetite armée prussienne , qui fit non seulement remet-tre les choses sur l’ancien pied, mais qui fit même don-ner au stathouderat, plus de pouvoir qu’il n’en avaitjamais eu.
Une alliance de la Prusse , de l’Angleterre et de laHollande fut le malheureux résultat de cet événement,qui enleva à l’Europe tous les avantages de la paix de1783 , et qui releva les espérances et les prétentions desAnglais .
Le dénouement brusque et imprévu de cette révolu-tion parut d’autant plus étonnant , qu’on avait vu LouisXVI, allié de l’Espagne et de l’Autriche , commencerson règne par une guerre heureuse, et tenir le premierrang parmi les puissances. On ne pouvait guère pré-sumer que quatre ans apres , sans motifs , sans combats ,