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LIVRE I, CHA». I.
polonaise , en divisant et paralysant les efforts quelle asouvent faits pour reprendre le rang qu’elle occupaitparmi les nations du premier ordre dans le 15® siècle.Tout le monde sait que le système de la féodalité laplus servile pesait alors sur ces peuples. Le sort, lespropriétés, l’honneur de la Pologne étaient remis entreles mains de vingt familles dominantes, et de quelquesmilliers de familles nobles , moins lâches , moins puis-santes que les premières, mais qui se craignaient entreelles, et appelaient liberté le droit de n’étre gouvernéespar personne, ou de l’être selon les caprices et les in-térêts particuliers de chaque coterie.
Les malheurs prolongés de leur patrie, l’anarchie quila désolait et l’affaiblissait, firent sentir un peu tard àtous les Polonais éclairés, que le système d’une monar-chie élective, qui flatte l’amour-propre des hommes,est peu d’accord avec leurs passions, bien moins encoreavec leurs intérêts. La position de ce pays entouréd’ennemis redoutables par leur puissance ( 1 ), et dontquelques-uns l’étaient plus encore parleur politique etleur adresse à profiter de l’inertie du gouvernement,suffisait seule pour assurer sa perte sous un ordre decliose pareil.
Le premier partage, et le danger d’être entièrementsubjugués, éclairèrent tous les partis, et les décidèrenta réformer ces abus qui, malgré leur dévouement etleurs efforts , les menaçaient d’une ruine certaine. Leschoses en étaient cependant à un tel point que cetteréforme devenait presqu’impossible, puisque la consti-tution qu’il fallait renverser était celle-là même que les