LITRE I, CHAP. III. 145
conslilulionncl à l’Asseinblce; la révision en fut fuitepour la forme, mais avec une précipitation qui contras-tait avec la gravité et la longueur des débats qui signa-lèrent sa rédaction : une garde choisie par tous lesdépartements fut donnée au Roi pour remplacer samaison militaire , et ce dernier acte de méfiance deslégislateurs, acheva de faire de ce Prince un vrai pri-sonnier d’État.
Enfin une députation de 60 membres présenta le 7septembre la nouvelle charte à Louis. Il n’était pas dif-ficile de prévoir le parti qu’il adopterait dans cette cir-constance ; il ne lui restait qu’une alternative, celle demettre le comble au désordre et d’accclérer sa perteen refusant de sanctionner le pacte qui allait river seschaînes , ou de courir la chance de sauver la monarchieen l’acceptant , et laissant au temps le soin de modifierce qu’il avait de défectueux.
Ce Monarque débonnaire , juste et vertueux , n’hésitapoint à l’accepter , persuadé que c’était le meilleurmoyen de rapprocher tous les partis ; bientôt la factionpopulaire l’accusa de n’y avoir souscrit que dans l’im-puissance de le rejeter ; et les nobles auxquels il enlevaitde si beaux privilèges, prétendirent que cette acceptationn’était qu’illusoire , et lui avait été arrachée par laviolence.
Quoi qu’il en soit, l’acceptation formelle de la con-stitution futsignifiée à toute l’Europe , et. il semblait que"et événement, mettant un terme aux agitations , dûtfaire naître enfin ces jours de bonheur et de gloire quel’on promettait à la nation régénérée. En effet, l’Assem-blée , loin d’apercevoir l’abîme creusé sous ses pas,venait de déclarer pompeusement que la révolution était
Le Roiacceptela cons-titution.