Band 
Tome premier. Introduction.
Seite
205
JPEG-Download
 

LIVRE I, CIIAP. IV.

205

Turcs ou les Suédois , ce qu’on peut attendre de soninébranlable fermeté.

La cavalerie, quoique moins instruite et moins bonnequ’elle ne l’est actuellement, s’était signalée à Zorn-dorf; et ses campagnes contre les Turcs devaient luiinspirer de la confiance contre les troupes européennesde même arme. La meilleure race de chevaux qu’il yait en Europe lui assurait des remontes parfaites et ungrand avantage pour supporter les fatigues de laguerre.

L’artillerie laissait encore beaucoup à désirer. Cettearme , également distinguée aujourd’hui par la magni-ficence de ses attelages, par la beauté et la légèreté deson matériel, la bravoure de ses soldats , l’instructionde ses chefs , se trouvait encore bien en arrière en

1792 .

Le mode de recrutement était forcé , c’est-à-dire ,qu’un ukase déterminait le nombre d’hommes à leversur cent habitants mâles ; ce nombre variait suivant lescirconstances ; et la noblesse laissait au sort, le soinde désigner les hommes qui devaient servir.

Un des inconvénients de ce recrutement, c’est qu’ilpèse également sur le paysan qui part, et sur le sei-gneur pour qui il devient un véritable impôt. Le soldatrusse sert vingt-cinq ans, après lesquels il est invalide,ou libre s’il a les moyens d’exercer un métier.

L’opinion généralement accréditée en Europe , quele paysan russe, ne possédant rien, gagne beaucoup ài devenir soldat, est dénuée de fondement. Un grand| nombre d’entre eux , outre les champs de ses maîtres,cultive des fruits , des légumes, travaille et trafique àson compte. Beaucoup sont à leur aise ; et la vie duj soldat, dans l’intérieur du pays , ne leur fait pas envie